Aujourd’hui, je mets un point final à notre relation.
Ce n’est pas une décision prise dans la colère d’un instant.
C’est quelque chose qui s’est construit lentement, au fil des années, dans les silences, les incompréhensions, et les absences.
Tu n’as pas su être le père dont j’avais besoin.
Pas par manque de rôle à jouer, mais par manque de présence réelle.
Tu as parfois essayé d’être le “papa cool”, celui qui prend les choses à la légère… mais derrière cette image, il manquait l’essentiel : l’écoute, le soutien, la constance.
Grandir sans ça laisse des traces.
On apprend à devenir fort plus tôt que prévu.
On apprend à se débrouiller seul, à ne pas trop attendre, à ne pas trop espérer.
J’aurais aimé que notre histoire soit différente.
J’aurais aimé pouvoir dire que j’ai été portée, encouragée, comprise.
Mais la vérité, c’est que j’ai souvent eu l’impression d’être seule, même en étant ta fille.
Il y a eu cette distance, mais aussi ces malentendus.
Comme si mes choix, mes études, mon envie d’avancer étaient perçus comme des attaques, alors qu’ils n’étaient que des tentatives de me construire, de devenir quelqu’un.
Avec le temps, j’ai compris quelque chose d’important :
on ne peut pas forcer quelqu’un à être ce qu’il n’a jamais su être.
Et moi, je ne peux plus continuer à porter une relation à bout de bras.
Je suis fatiguée d’avoir été celle qui comprend, celle qui excuse, celle qui tient.
Fatiguée d’avoir été l’adulte dans une relation où je n’aurais dû être que l’enfant.
Aujourd’hui, je choisis de me choisir.
Je ne coupe pas par haine.
Je coupe pour me préserver, pour respirer, pour avancer sans ce poids constant.
Je suis devenue une femme sans toi.
J’ai grandi, j’ai appris, je me suis construite autrement.
Et même si ce chemin n’a pas été simple, il m’a rendue forte, indépendante, libre.
Je ne te dois rien.
Pas de rôle, pas de responsabilité, pas de retour.
Je te souhaite sincèrement de trouver ta paix, ta place, ton équilibre.
Mais nos chemins, eux, se séparent ici.
Tu ne verras peut-être pas la suite de mon histoire,
les endroits où j’irai, la femme que je deviendrai encore un peu plus chaque jour.
Et pendant longtemps, cette idée m’aurait brisée.
Aujourd’hui, elle m’apaise.
Parce que j’avance enfin sans attendre,
sans espérer ce qui ne viendra pas,
avec ce que j’ai construit seule, pas à pas.
Il n’y a pas de colère dans ce départ,
juste une distance nécessaire, presque douce.
Alors je te laisse continuer ta route,
et moi, je prends la mienne.
Et pour la première fois,
elle me ressemble vraiment.
Papaoutai- Stromae
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