Je ne suis pas en retard, je suis en chemin
J’ai presque 29 ans et, en ce moment, je me sens perdue.
Je suis là, chez maman, en attendant qu’une bonne compagnie aérienne apparaisse, qu’une opportunité arrive et que je sache enfin quelle sera la prochaine étape de ma vie. Et forcément, dans ces moments où tout semble un peu suspendu, je me mets à penser à tout ce que j’avais imaginé avoir accompli à 29 ans.
Parce qu’on nous a vendu une sorte de scénario parfait.
Tu sors du lycée, tu vas à la fac. Tu obtiens ton diplôme. Tu trouves un travail. Tu rencontres quelqu’un. Vous tombez amoureux. Vous vous mariez. Vous achetez ou louez votre appartement. Vous avez des enfants. Et voilà, la vie est lancée.
Comme si tout devait s’enchaîner naturellement, dans cet ordre, sans détour.
Mais la vérité, c’est que la vie ne ressemble pas à une ligne droite.
Il y a des problèmes au milieu. Des déceptions. Des périodes où tu dois simplement survivre avant de pouvoir recommencer à construire. Des choix que tu pensais définitifs et qui finalement ne le sont pas. Des projets qui échouent. Des personnes qui partent. Des portes qui se ferment. Et parfois, tu dois revenir chez tes parents alors que tu pensais ne plus jamais y retourner.
Et surtout, il faut arrêter de croire que tout le monde avance au même rythme.
Je rêvais d’être mariée à 29 ans. Je pensais avoir un travail stable, une vie bien installée, peut-être même une famille. Je pensais avoir une idée claire de l'endroit où je vivrais et de ce à quoi ma vie ressemblerait.
Et me voilà presque à 29 ans, au chômage, chez ma mère, à chercher la compagnie aérienne qui voudra bien me donner ma prochaine chance, tout en essayant encore de comprendre qui je suis et ce que je veux vraiment.
Et parfois, oui, ça me fait peur.
Parce qu’on a beau être adulte, il y a des moments où on a simplement l’impression de ne pas savoir ce qu’on fait.
Mais peut-être que c’est ça aussi, être adulte.
Ce n’est pas avoir toutes les réponses. C’est apprendre à avancer malgré les questions.
C’est gérer des problèmes dont on ne parlait pas quand on était enfant. C’est apprendre à prendre soin de soi, à faire des choix, à recommencer quand quelque chose ne fonctionne pas. C’est accepter que certains rêves prennent plus de temps que prévu.
Et surtout, c’est apprendre à profiter de la vie pendant qu’on essaie de la construire.
Parce qu’on n’a qu’une vie.
Alors oui, je cherche mon travail. Je cherche ma prochaine destination. Je me cherche encore un peu moi-même. Je règle des problèmes d’adulte et j’essaie de comprendre comment faire rentrer mes rêves dans la réalité.
Mais entre deux candidatures, deux doutes et deux moments où je me demande si je suis en retard, j’essaie aussi de vivre.
De voyager quand je peux. De rire. De sortir. D’aimer. De rencontrer des gens. De créer des souvenirs. De profiter de ma famille. De découvrir qui je suis en dehors de la vie que j’avais imaginée.
Parce que peut-être que le problème n’est pas que je suis en retard.
Peut-être que mon histoire est simplement différente.
Et si toi aussi, tu as presque 29 ans et que tu te sens perdu, sache que tu n’es pas seul.
Tu n’as pas raté ta vie parce que tu n’as pas encore le travail de tes rêves. Tu n’as pas échoué parce que tu n’es pas marié. Tu n’es pas en retard parce que tu n’as pas encore d’enfants, de maison ou de vie parfaitement dessinée.
Les temps ne sont pas les mêmes pour tout le monde.
Certains trouvent l’amour à 22 ans. D’autres à 32. Certains trouvent leur voie à 25 ans. D’autres la changent complètement à 40. Certains construisent leur carrière très tôt. D’autres doivent recommencer plusieurs fois avant de trouver leur place.
Et ce n’est pas grave.
Alors aujourd’hui, je vais essayer d’arrêter de mesurer ma vie avec le calendrier des autres.
Je vais continuer à chercher. À essayer. À me tromper. À recommencer. À profiter. À rêver.
Parce que je refuse de croire que mes rêves ont une date d’expiration.
Peut-être que je n’aurai pas tout ce que j’avais imaginé à 29 ans. Mais ça ne veut pas dire que je ne l’aurai jamais.
Et toi non plus.
On finira par y arriver.
Mais je veux croire qu’un jour, on regardera cette période de notre vie et qu’on se dira :
« J’avais tellement peur d’être en retard… alors que j’étais simplement en train de trouver mon chemin. »
On verra- Nekfeu
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